Propositions régions


Propositions pour le découpage des régions


LE NOUVEAU DÉCOUPAGE DES RÉGIONS FRANÇAISES :
Point de vue écologiste et régionaliste 

"Penser globalement et agir localement"
En tant que défenseurs des langues et cultures régionales, nous ne pouvons qu’être heureux de cette initiative, vu le côté un peu aberrant du découpage actuel. Mais lorsque l’on voit ce qui est proposé, l’on se dit que cela risque d’être pire dans le futur.
Les écologistes et leurs alliés régionalistes doivent donc se mobiliser tous pour proposer un projet à la fois alternatif et réaliste au gouvernement. Malheureusement, les propositions de la « Fédération Régions et Peuples Solidaires » qui regroupe de nombreux mouvements régionalistes démocratiques, liés aux écologistes, n'ont aucune chance d'être écoutées dans le contexte actuel. Il s’agit, en fait, de l’addition d’une série de revendications locales basées sur des principes différents dans chaque cas. Proposer côte à côte une minuscule Savoie et une immense Occitanie n’a aucun sens et démontre surtout une incapacité à "penser la globalité" de la France et de l'Europe.

Je propose donc de partir des projets actuels du gouvernement français. Voir ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas, et faire quelques propositions réalistes qui auraient des chances de succès. C'est là l'occasion pour Cap21 de proposer une plate-forme commune aux autres mouvements écologistes (notamment EELV et MEI), qui aurait un grand retentissement dans toutes les régions de France. C'est aussi l'occasion de mettre en valeur l'importance du facteur culturel dans la politique, et notamment en ce qui concerne le développement régional.

Ce que désirent la plupart des Français (de gauche comme de droite) est un découpage régional tenant compte de l'unité culturelle et historique de leur province (et qui permette aussi d'avoir de grandes régions à stature européennne). Or, les propositions que l’on lisait dans les journaux du 16 janvier 2014 montrent que l’on ne tient pas du tout compte de ce point de vue ; elles démontrent aussi une grave ignorance des réalités culturelles et historiques de la France. Pour nos politiques, il n’y a guère que la Bretagne qui semble exister en tant que réalité autonome !

En tout cas, voilà ci-dessous une série de propositions compatibles avec le projet gouvernemental. L’on arrive ainsi à un total de 15 régions métropolitaines (+ Corse et régions d’Outre-Mer).

Par ailleurs, il faut souligner que le fait de créer des régions plus vastes rend au département son rôle d’échelon intermédiaire. Les propositions qui suivent se placent donc dans un cadre où le département est maintenu, avec néanmoins la condition qu’une région doit posséder un minimum de quatre départements.


Voilà des propositions qui me semblent bonnes ou acceptables et que je propose de soutenir :
— Fusion de la Haute-Normandie et de la Basse-Normandie en une seule grande région de Normandie.
— Fusion de la Bourgogne et de la Franche-Comté, qui ont toujours été très proches durant l’histoire et qui collaborent étroitement actuellement. Par ailleurs, la Franche-Comté est trop réduite dans le contexte économique actuel.
— Rattachement de la Loire-Atlantique à la Bretagne, afin de reconstituer la province historique de Bretagne.
— Fusion de l'Alsace et de la Lorraine. En effet, Strasbourg est destinée à se développer en tant que capitale européenne et la Lorraine pourra se rééquilibrer économiquement grâce à cette fusion.
— Partage de l'ancienne région Picardie entre l'Ile-de-France (Oise), la Champagne (Aisne) et la région Nord-Pas-de-Calais (Somme). La création de la région de programme Picardie (avec trois départements) était toute récente. L'ancienne province de Picardie comprenait la Somme actuelle et le Nord du département de l'Aisne. Mais, si la Somme a toujours été bien picarde et tournée vers le Nord, l'Oise faisait jadis partie de la généralité d'Ile-de-France et a toujours été tournée vers Paris. Du reste le parler chtimi-picard s'arrête à la frontière des départements de la Somme et de l'Oise.
— Quant à l'Aisne, il faut distinguer sa partie Nord-Ouest (centrée autour de Saint-Quentin), qui est tournée vers le Nord de la France, et sa partie centrale et méridionale (avec Laon et Soissons) plus tournée vers l'Est de la France. Aussi, il est juste qu'un département constitué des trois-quarts de l'Aisne (sauf le quart Nord-Ouest) soit rattaché à la région Champagne-Ardennes. Néanmoins, le quart Nord-Ouest du département de l'Aisne (arrondissement de Saint-Quentin et zone du Canal de la Sambre à l'Oise) devrait passer dans la région Nord-Pas-de-Calais et constituer un nouveau département avec le Sud-Est du département du Nord (Cambrai, Avesnes-sur-Help, etc.). Cela permettrait aussi de donner quatre départements à la future grande région Artois-Picardie.

PROPOSITIONS À REJETER POUR AUVERGNE, POITOU-CHARENTES ET LIMOUSIN
Il faut rejeter l'idée de la disparition des régions Auvergne et Poitou-Charentes. Selon les propositions bizarres qui sont faites, l’Auvergne devrait soit fusionner avec le Limousin, soit fusionner avec la région Rhône-Alpes ; quant à la région Poitou-Charentes, elle devrait soit fusionner avec l’Aquitaine, soit être partagée en trois morceaux répartis entre ses voisins. Le fait que l’on fasse ces propositions alternatives et très différentes montre que le sort de ces régions a été mal analysé.

PROPOSITIONS ALTERNATIVES POUR AUVERGNE, POITOU-CHARENTES ET LIMOUSIN
Il serait par contre possible de proposer un agrandissement et un nouveau découpage des régions Auvergne, Limousin et Poitou-Charentes en utilisant des critères historiques et culturels :
— La région Auvergne pourrait être agrandie par l'adjonction de la Lozère.
— La région Poitou-Charentes pourrait être agrandie par l'adjonction de la Vendée.
— La région Limousin pourrait être agrandie par l'adjonction de la Dordogne (dont les parlers locaux sont en majorité limousins).

LES PAYS-DE-LA-LOIRE ET LA RÉGION CENTRE
L’on constate que l’on a mal réfléchi à la question des trois départements Mayenne, Sarthe et Maine et Loire (actuellement dans la région Pays-de-la-Loire), une fois détachés de la Loire Atlantique (devenue bretonne). Dans un des projets alternatifs, ils sont absorbés par la région Centre, ce qui crée une très vaste région un peu monstrueuse ; dans une autre projet ils forment une toute petite région unie avec la Vendée, mais amputée de la Loire Atlantique
Or, il est logique que la Vendée s’intègre à la région Poitou-Charentes (voir ci-dessus). Si les Pays-de-la-Loire sont amputés de la Loire Atlantique et de la Vendée, les trois départements restants ne seront pas suffisants pour constituer une véritable région. Si ces trois départements sont unis à la région Centre, comme on le voit sur l’un des projets, le résultat est une région trop grande. Par contre, dans cette immense région il serait possible de détacher l’Eure-et-Loire et de la rattacher à l’Ile-de-France (vu que ce département est dans l’orbite de Paris). On obtiendrait alors une grande région « Val de Loire » qui aurait une véritable unité et qui ne serait pas trop grande. En fait, elle serait comparable à la région Bourgogne-Franche-Comté plus à l’Est.

NOUVELLES PROPOSITIONS POUR LES RÉGIONS DU SUD
— Il serait bon que la région Aquitaine corresponde mieux à la culture gasconne. Actuellement, cette région recouvre des zones de culture gasconne, languedocienne, limousine et basque ; alors que d'autres grandes zones gasconnes se retrouvent dans la région Midi-Pyrénées. Aussi, le Gers et les Hautes-Pyrénées devraient être rattachés à l'Aquitaine (ce sont des départements de culture gasconne et non de culture languedocienne). Tandis que la Dordogne serait rattachée à la région Limousin (le Sud-Est de ce département est de parler languedocien, le Centre et le Nord sont de parler limousin). En même temps, il faudrait créer un département basque.
— Les régions Midi-Pyrénées et Languedoc-Roussillon fusionneraient pour ne plus former qu'une seule région appelée "Languedoc-Pyrénées". Cependant, le Gers et les Hautes-Pyrénées seraient rattachés à l'Aquitaine, la Lozère serait rattachée à l'Auvergne, et le Gard serait rattaché à la région Provence-Côte-d'Azur (sauf l'arrondissement du Vigan à rattacher au département Hérault).
— Ainsi, la région PACA aurait comme parler régional le provençal (pratiqué aussi à Nîmes et dans le Gard), à côté du provençal alpin et du nissart. Le Languedoc-Roussillon serait majoritairement de parler languedocien ("occitan" central), sauf les Pyrénées-Orientales de parler catalan, et le Sud de la Haute-Garonne et l’Ouest de l'Ariège de parler gascon pyrénéen.

LA RÉGION ILE-DE-FRANCE
Dans le projet exposé ici, l’Ile-de-France serait non seulement augmentée de l’Oise (ainsi que le souhaite le gouvernement), mais aussi de l’Eure-et-Loir, qui est dans la mouvance de Paris.

LA RÉGION RHÔNE-ALPES
La région Rhône-Alpes devrait rester inchangée (ce qui correspond du reste à l’un des projets alternatifs). S’il fallait absolument répondre aux revendications des autonomistes savoyards, on pourrait fusionner leurs deux départements en un seul, mais cela ne représente pas un grand intérêt pour le développement local.

LA RÉGION CHAMPAGNE ARDENNE
Cette région devrait être augmentée avec l’ajout des trois-quarts du département de l’Aisne (sauf l’arrondissement de Saint-Quentin et la zone du Canal de la Sambre à l’Oise, au Nord-Ouest du département).

LA NOUVELLE RÉGION ARTOIS-PICARDIE
Comme dans le projet actuel la la région actuelle Nord-Pas-de-Calais devrait s’augmenter de la Somme. Mais aussi du Nord-Ouest de l’Aisne : cette dernière mesure permettrait de résoudre le problème de l’Aisne qui est placée dans des régions différentes selon les deux projets alternatifs présentés dans la rpesse.

LA CORSE
Il faut évidemment fusionner les deux départements de Haute-Corse et de Corse-du-Sud pour créer une seule Corse qui serait à la fois département et région. On ne comprend pas que cela n’a pas encore été fait, alors qu’un précédent gouvernement l’avait déjà proposé. Les régionalistes sont trop dans la culture du refus, ce qui les empêche de saisir les opportunités qui s’offrent à eux.

SAISIR LES OPPORTUNITÉS QUI SE PRÉSENTENT !
Je présente ci-dessous une carte qui synthétise les propositions que je viens d’exposer. Ces propositions sont proches de ce que le gouvernement essaye de réaliser; elles ont donc des chances d'être prise en compte. Il est important que Cap21 et tous les écologistes sérieux reprennent ces idées et les incluent dans leurs programmes d’action.
Le gouvernement de François Hollande aura toutes les peines du monde à faire passer son projet. Il va être attaqué de toutes parts, à droite comme à gauche, car cette réforme va à l’encontre des intérêts de diverses féodalités locales. François Hollande a besoin d’alliés pour faire passer son projet. Il ne sera pas mécontent d’avoir le soutien de Cap21 et des autres écologistes. C’est donc à nous tous d’œuvrer pour que ce nouveau projet gouvernemental soit incliné dans le sens que nous souhaitons.
Il faut utiliser au mieux les opportunités qui se présentent, plutôt que d'attendre le Grand Soir de la Révolution écologiste.


Source : Mr Gérard Galtier

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